C'était la guerre des tranchées Jacques Tardi Casterman

C    Dans cet album, les planches sont en noir et blanc donnant à l'ensemble une tonalité sombre comme un ciel de bombardement. Les plans larges ouvrent sur des paysages dévastés par les trous d'obus, hérissés de barbelés. Les vignettes en gros plan montrent les visages hagards, mal rasés, apeurés ou résignés des soldats, au combat ou au repos. Ce sont des scènes de la vie aux tranchées. Un tel se demande ce qu'il fait là et comment s'en sortir, tel autre, terré dans son boyau rêve à la vie d'avant en terminant sa lettre. Ce sont des scènes de combats et de tueries où rien n'est occulté de l'horreur de la guerre. Un album au texte très fort qui rejoint en réalisme et en intensité les récits de combattant.
Lire un entretien avec Jacques Tardi sur ce lien. 
Jacques Tardi: "Coller au plus près au quotidien du poilu" - L'Express

Serge, les passeurs de mots, Majolire, Libraire en Nord-Isère.

           

Jacques Tardi est connu pour la série des "Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec", pour son travail en collaboration avec des écrivants comme Pennac ou Vautrin et pour son travail sur la Première Guerre Mondiale. Il est lauréat, entre autres, du Grand Prix de la ville d'Angoulême. 

"C'était la guerre des tranchées" n'est pas un travail "d'historien"....Il ne s'agit pas de l'histoire de la Première Guerre Mondiale racontée en bande dessinée, mais d'une succession de situations non chronologiques, vécues par des hommes manipulés et embourbés, visiblement pas contents de se trouver où ils sont, et ayant pour seul espoir de vivre une heure de plus, souhaitant par dessus tout rentrer chez eux......en un mot, que la guerre s'arrête! Il n'y a pas de "héros", pas de personnage principal", dans cette lamentable"aventure" collective qu'est la guerre. Rien qu'un gigantesque et anonyme cri d'agonie......Je ne m'intéresse qu'à l'homme et à ses souffrances et mon indignation est grande....
                                                                                               Jacques Tardi.

Janvier 2013: Jacques Tardi refuse "avec la plus grande fermeté" la Légion d'honneur qui lui a été attribuée le 1er janvier, voulant "rester un homme libre et ne pas être pris en otage par quelque pouvoir que ce soit."

Janvier 2014, Jacques Tardi arrête sa collaboration avec la Mission du Centenaire: "Je voulais garder ma liberté et ne pas me mettre dans une situation d’acceptation. J’entendais déjà se prononcer des discours officiels bon teint qui allaient sublimer le magnifique sacrifice des soldats alors qu’on les a pris pour du bétail à l’époque. Je ne me voyais pas participer à cette mascarade. Le baratin officiel n’a rien à voir avec la réalité d’un conflit auquel se sont rendus des gars vêtus de pantalons rouges. C’est criminel de faire ça !” 

                                                                                                Jacques Tardi.

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