Correspondance 1911/1949 J.Copeau et L.Jouvet Gallimard

                 Ouvrage remarqué par Martine, Majolire, Libraire en Nord-Isère           

Mobilisé comme infirmier de 1914 à 1917, Louis Jouvet ne cessa d'écrire à Jacques Copeau, son « bon patron », Ses lettres sont autant de scènes pleines de verve où le courage de Jouvet aime à prendre le masque de l'humour. 
Ce volume rassemble pour la première fois l'intégralité de la correspondance échangée entre ces deux grands hommes de théâtre. 
L'extrait présenté ici montre que le soldat Jouvet se prépare déjà à sa carrière d'acteur.                                                                           

      

            "9 juillet 1916, « Mon bon patron,,,,Nous ne mangeons que d'une dent, nous ne dormons que d'un œil, nous ne nous asseyons que d'une fesse,,,,Malgré tout, j'arrive encore à penser à «nos »affaires-et je crois que je ne pense pas trop mal ! Ca recommence encore ce soir- et les convois de blessés, les convois de munitions et les convois de prisonniers nous serrent le cœur chacun à leur manière,,,"

   Correspondance

       

          ",,,Il y a des Arabes, des Malgaches, des Sénégalais, des spahis à coté de moi-ils font une cuisine bizarre-ils chantent des mélopées étranges-ils ont toujours joyeux-ils jouent toute la journée au loto,,,,

           Il y a des prisonniers qui mendient le pain, qui ramassent les croûtes de pain jetées, qui mendient de l'eau,,,,Et j'absorbe tout cela, je regarde, j'écoute, je vois, je m'imbibe comme une éponge de toute cette quotidienneté, de cette banalité, de cette vie quotidienne-vue à la loupe-vue au stéréoscope-et je n'aurai qu'à me pressurer , vous n'aurez qu'à me presser un peu du doigt pour en extraire ce que vous voudrez dans la joie-dans le comique-dans la satire-dans la haine même-ou dans la tristesse -dans la douleur-dans la tristesse quotidienne, banale-dans la tristesse qui va du grave au doux à l'aigu et au déchirant-depuis la tristesse qui asphyxie-jusqu'à celle qui vous foudroie,
           Adieu, je vous embrasse de tout mon cœur-comme je prie pour vous.

                                                                                        Votre L,Jouvet"

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Commentaires (1)

1. Anne Vilain Ven 17 Jan 2014

Merci pour cette découverte. Texte splendide. On entend la voix de Jouvet derrière ces mots..... Que d'impressions dans cette description simple du quotidien !

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