Le grand troupeau Jean Giono Gallimard Folio

Aout 1914, nous sommes en Provence, ne reste au village que les enfants, les vieillards et les femmes qui doivent se répartir les travaux des champs et l'entretien des bêtes.  Les hommes sont partis en charette vers la ville puis en train vers le front. Giono, ancien combattant lui même, restitue ici, la vie pastorale provencale et l'horreur du front.
Voici ce qu'écrit John Baude, critique littéraire, dans le N°132 de la revue Poétique de l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm à propos de ce livre de Giono.

 Le   

“ Je ne peux pas oublier la guerre ” déclare Jean Giono en 1934. Ses écrits en témoignent. En effet, avant de lui consacrer plusieurs articles et essais pacifistes à mesure que se précise la menace d’un nouveau conflit, il a écrit un roman sur la guerre en 1931, intitulé Le Grand Troupeau. Nombreux sont alors les récits d’inspiration pacifiste déjà publiés si bien qu’écrire un nouveau roman sur la guerre, fût-ce pour la dénoncer et non en ressasser des épisodes glorieux ou tragiques, risque de lasser. La tâche est d’autant plus difficile que progressivement “ l’horreur s’efface ”, comme il l’écrira un peu plus tard, et que l’éventualité d’un nouveau conflit, dans la France de 1931, n’est pas encore une préoccupation. Il faut donc à ce roman une originalité qui le démarque des récits de guerre antérieurs et une approche qui ne soit pas destinée aux seuls anciens combattants mais susceptible de conquérir tout lecteur.

La structure et le style du roman répondent à ces deux objectifs.
Alors que les récits de guerre privilégient souvent le front, plus rarement l’arrière, Le Grand Troupeau accorde autant d’importance aux deux lieux, juxtaposés d’un chapitre à l’autre, pris dans une simultanéité plus que dans un enchaînement chronologique, avec de rares références à l’Histoire. Préservant largement le caractère atemporel, portant une égale attention aux civils et aux soldats, le roman traite de la guerre en général et se révèle de la sorte plus propice à intéresser le lecteur qui n’a pas été contemporain des événements. Ce lecteur devient même témoin.....J.Baude.

Serge, les passeurs de mots, Majolire, Libraire en Nord-Isère.

En évoquant Jean Giono, beaucoup d'entre nous pensent à la Provence, aux collines, aux bergers et à leurs troupeaux qui montent à l'estive.
On sait moins que l'écrivain, né en 1895, fut mobilisé à 20 ans, participa aux plus durs combats et revint très marqué par la Première Guerre Mondiale.
 Giono fait partie de ces intellectuels dont la vie et les engagements furent profondément influencés par l'expérience du front et les horreurs de la Grande Guerre.
A la fin des années 30, malgré la montée des périls, il confirme son pacifisme affirmant que rien ne saurait justifier un autre conflit. Avec son ami, Lucien Jacques dont il rédige la préface du journal de guerre, "Carnets de moleskine",  il devient un des piliers de la communauté d'intellectuels pacifistes du Contadour.
En 1944, il lui sera reproché sa proximité avec les milieux collaborationnistes et divers écrits dans "La gerbe" et "Signal" .
Quelques années plus tard, il entre au jury Goncourt et est reconnu comme l'un  des plus grands écrivains français du xxème siècle.

 

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